De Centrale Casablanca à Centrale Supélec – Interview de Philippe DUFOURCQ

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Après 5 années à la tête de la Direction des programmes de l’Ecole Centrale Casablanca, Philippe Dufourcq a été nommé Directeur adjoint de CentraleSupélec. Il partage désormais avec Romain Soubeyran, directeur de l’Ecole, la responsabilité de la stratégie et du fonctionnement de CentraleSupélec. Très heureux et fier de rejoindre ce bel établissement pour l’accompagner au mieux dans ses projets de développement, Philippe Dufourcq n’en oublie pas pour autant son expérience au Maroc.

 

« Quel bilan faites-vous de cette création d’Ecole ? »

– Tout le monde s’accorde sur le fait que la création de Centrale Casablanca est une réussite exceptionnelle. L’ECC est aujourd’hui l’école d’ingénieur la plus demandée par les meilleurs élèves du Maroc et de l’Afrique francophone où elle recrute. Il est très rare qu’un établissement d’enseignement supérieur et de recherche connaisse un tel succès en si peu de temps. Qui se rappelle qu’elle n’existait pas il y a 4 ans ?

Certains parlent de miracle. Pour ma part je préfère parler d’émergence, ce qui correspond d’ailleurs à ce qu’elle enseigne et étudie.

Je me souviens que, dès le premier jour, nous avions souhaité et rêvé une école isomorphe et totalement accordée à son territoire. Elle l’est. Et c’est, je pense, cela qui la rend réussie et forte. Pour longtemps je crois.

« Comment l’avez-vous vécu ? »

– Comme une histoire de fous !

Je crois que ceux qui composent ce que j’appelle le « canal historique », c’est à dire les acteurs de la première heure, ont été et sont toujours des fous. Je me suis souvent senti comme l’un des plus fous de cette cour des miracles, cour qui n’aura jamais aussi bien porté son nom. Mais personne, je crois, ne peut s’imaginer l’intensité des liens qui relient les fous et la détermination qu’ils ont à réussir leurs miracles.

Mais une bande de fous très professionnels cependant. Et je crois que nos diplômés sont comme nous, des professionnels suffisamment fous pour réaliser des miracles.

J’ai découvert, pour ma part, qu’une journée réussie était une journée où le soir je ne me souvenais pas ce que j’avais fait. Je ne me souvenais de rien. Parce que cela voulait dire aussi que j’avais tout résolu et donc je n’avais plus à m’en souvenir. Et le lendemain, dès l’aube (et même avant le plus souvent…), je repartais.

« Comment imaginez-vous Centrale Casablanca dans 5 ans ? »

Franchement je ne sais pas et je n’ai aucune envie de me l’imaginer. Centrale Casablanca est une grande Dame, belle, rayonnante, fascinante, une Dame dont on ne peut que tomber follement amoureux. Aborderiez-vous une telle créature en lui disant comment vous l’imaginez dans 5 ans ?

Je n’aurai pas cette inélégance, je me contenterai de la suivre.

21.02.2019