LA VILLE, UN SYSTÈME COMPLEXE ? LES NOUVEAUX ENJEUX DE LA MODÉLISATION URBAINE

Les villes sont souvent définies comme des systèmes complexes : constituées d’un grand nombre d’entités hétérogènes interagissant de manière autonome à différentes échelles, leurs dynamiques relèveraient ainsi largement de l’auto-organisation, tandis que leurs structures émergeraient de ces multiples interactions sous-jacentes.
L’analogie est parfois poussée au point de comparer les villes à des organismes vivants, avec lesquels elles partageraient certaines de leurs propriétés.
Que nous apprennent ces travaux ? Quels enseignements pouvons-nous en tirer dans les domaines de la planification urbaine ? L’objectif de mon intervention sera précisément de répondre à ces questions, en mobilisant de nombreux exemples, liés à la croissance urbaine, la mobilité et le trafic routier, ainsi que la diffusion des épidémies.
Ces entités dépendent de l’échelle considérée : au niveau microscopique, piétons, cyclistes, conducteurs sont par exemple des entités évidentes, mais de manière peut être plus surprenante, les feux rouges ou les bâtiments « intelligents » que l’on voit apparaître dans les expériences « SmartCities » en sont également. Au fur et à mesure que l’on monte dans les niveaux scalaires, les collectifs (associations, entreprises, collectivités,) peuvent également être abstraites comme des entités. Enfin, au niveau macroscopique du réseau urbain, chaque ville peut être considérée comme une entité autonome interagissant avec d’autres villes.